Après une longue trêve depuis novembre, l’objectif du jour était simple :
faire un petit vol de reprise, tranquille, sans prétention, histoire de vérifier que le pilote et la voile se souvenaient encore l’un de l’autre.
Déco au col de l’Épine avec vue sur le lac, jusqu’ici je retrouve mes marques…
Fakher se met en l’air, propre… ça donne envie !
À mon tour… on se concentre… et hop… quel plaisir de retrouver ce bruit et cette sensation !
Allez, direction… euh… pas trop loin au début.
Vers la Dent du Chat, le ciel faisait franchement la tête : bas, sombre, chargé, ambiance “tu es sûr que tu veux venir ?”.
J’ai donc choisi la grande stratégie du courage mesuré : rester jouer dans les parages.
Et là, on retrouve le doux son du vario, bref ça monte.
Pas juste le petit bip bip timide de reprise, non. Un bon, un qui s’excite… Du bon thermique, parfois bien dynamique, avec quelques coups à 5 m/s pour rappeler que la saison ne plaisante pas, c’est bien la reprise !
Le plafond monte jusqu’à 1850 m.
Je pars ensuite côté Beauvoir, sans vraiment aller jusqu’au bout — parce qu’il faut bien garder un peu de flou artistique dans le plan de vol.
Puis je vois que ça s’ouvre du côté de la Dent du Chat.
Hop, changement de programme : retour par le déco, cap vers l’antenne relais, histoire d’aller voir si le chat est plus accueillant qu’au départ.
Une fois au relais, le vario dégueule, les nuages nous font bien de l’ombre… je ne pousse pas jusqu’à la Dent.
Demi-tour !
Je reviens vers le déco avec un autre plaf à 1800… c’est cool !
Le petit vol pépère de reprise commence doucement à prendre des airs de bonne pioche.
Direction à nouveau vers le Beau(voir).
J’arrive au grille-pain me demandant où sont les copains, et là Franck G. sort de nulle part, inattendu, (quand tu croises Franck en l’air, c’est généralement bon signe ;-)).
Il me montre la voie le long de la crête, ça a l’air facile… il prend son ascenseur, pendant que je me fais les dents et attends toujours le mien malgré ses bons conseils… snif, ce n’est pas aujourd’hui que j’arriverai à te suivre vers la Chartreuse Franck…
Pas grave, les essuie-glaces, ça ne me dérange pas… !
Alors je reviens un peu en arrière, et là, joli cadeau : Alexis enroule tranquillement.
On partage quelques tours de manège ensemble, avec le vario qui nous chante sa douce mélodie.
Puis surgit dans la danse le flamboyant Vito, tout en orange vif, qui nous snobe ayant baissé le son de sa radio.
Puis finalement c’est un autre bip bip qui se joint à moi, celui de ma vessie…
Je regarde ma montre, déjà 3 heures de vol… allez, ça le fait, direction l’atterro.
Au final, pas de grand triangle, pas de boucle héroïque, pas de récit à graver sur une coupe.
Mais un vol superbe, varié, joueur, partagé, avec de belles montées, des ambiances changeantes et ce petit goût délicieux des surprises qu’on n’avait pas prévues.
Comme quoi, parfois, on part juste pour se dégourdir les suspentes, et…
Olivier