Le Mont-Blanc à 5300 m

 

Depuis mon premier Mont-Blanc il y a 14 ans, je guette les créneaux favorables : dans le meilleur des cas 2 ou 3 jours par an… mais parfois aucun jour de l’année.

J’ai remarqué il y a 5 jours cette fenêtre favorable pour ce dernier jeudi de juillet :

Peu de vent en très haute altitude et plafond estimé à 5000 m côté italien : tous les voyants sont donc au vert pour le tenter.

Je charge les batteries : radio, alti-vario, batterie externe du téléphone et bien sûr, batteries des gants chauffant.

7h00, départ de St Priest

9h00, je laisse comme à mon habitude la voiture à la cascade au début de la montée des Saisies et je suis pris en stop immédiatement.

9h30 aux Saisies, télésiège de Bisanne et me voilà au déco à 9h50 avec bien 2h d’avance.

Au fur et à mesure, le déco se rempli de cadors prêts à en découdre, le couteau entre les dents.

11h15, des voiles commencent à monter au-dessus du déco. Certes, la journée est prévue fumante mais avec des conditions tardives. Pourtant, trépignant d’impatience et influencé par ces premières voiles, je me mets en l’air et à 2700, je pars confiant sur la Légette, mais là, catastrophe, je me retrouve pendant plus d’une heure à zoner entre 1600 et 1800 sous la crète entre Hauteluce et le col du Joly à essayer d’enrouler des bullettes qui passent. Au même moment, j’entends Bob à la radio avec un groupe qui annonce passer à 3400 au-dessus… Grrrr !

Enfin ! 2 h après le déco, l’aérologie se met en place et je trouve un thermique salvateur sous la Légette au moment où je commençais à me résigner et me diriger vers l’attéro.

C’est parti à fond de barreau vers Aiguille Croche puis le Mont Joly où je suis propulsé à 4100 ! C’est bon, les conditions annoncées sont bien là.

A fond de barreau sur l’arête du Tricot et l’aiguille de Bionnassay. Je suis attentif à enrouler en bordure de la R30 alors que je vois plein de voiles enrouler allègrement de l’autre côté de l’arête à l’intérieur de la R30, le thermique y étant plus généreux.

4200 à Bionassay, bascule côté italien pour rejoindre la fameuse arête du Brouillard, cette belle arête orienté plein Sud, ascenseur pour le Mont Blanc. En arrivant sur l’arête à 4000 je vois, mille mètres au-dessus, le sommet tant espéré constellé de voiles, une bonne cinquantaine dont des Bi et des voiles EN A.

Sur l’arrête du Brouillard, le thermique est puissant, une petite sortie de la colonne thermique engendre immédiatement une fermeture de bout d’aile, il faut bien la tenir.

Ca va vite à +3 ou +5 m/s : 4800, 4900, 5000, 5100, 5200 et enfin 5300 !! Quelle vue !

Petit passage au-dessus du sommet puis retour à l’attéro de Beaufort en survolant le Dôme de Miage et les Contamines (bien sur au-dessus des 300m/sol).

 

Petite négociation avec le validateur CFD pour que cela passe.

Trace CFD : https://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/vol/20402064

Trace en 3D : https://www.sportstracklive.com/scene/3f3c2160-187b-430e-a8f2-ae7e1fadf74f/

 

Franck Gacogne

Le 31 juillet 2026